MATHURIN Ier, chevalier, seigneur des Rues, de Chenillé, de Lorière, de Marigné, du Plessis-Gaudin, du Bois, de La Cour-du-Bois, châtelain de Maigné et Chigné, seigneur des Mortiers, de Dissé, de La Courtaillé et du Plessis-Courtimont, etc. (mort en 1596)
Fils de Robert de Rougé et de Louise de Lorière. Gouverneur du Mans, il fut particulièrement actif durant les Guerres de Religion. Il devint lieutenant des Cent gentilshommes de la Maison du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté (24 décembre 1562), chevalier de Saint-Michel (février 1568), député seul représentant de la noblesse d'Anjou aux Etats de Blois en 1576. Il combattit avec le maréchal duc d'Aumont en 1589.

JACQUES, MARQUIS DU PLESSIS-BELLIERE et de Faÿ-les-Nemours, etc. (1602-1654)
Général français, fils de René Ier de Rougé et de Marguerite de La Court, il participa activement à la Guerre de Trente Ans. Maréchal de camp en 1646, il devint gouverneur de Rethel et d'Armentières. Jacques de Rougé prit part à la bataille de Rethel en 1650, et fut gouverneur de La Bassée, puis de Dieppe, avant de devenir commandant en chef de l'armée de Catalogne en 1653 et lieutenant-général. Le roi le retint pour sa prochaine promotion de chevaliers du Saint-Esprit et souhaitait le nommer maréchal de France. En 1654, il fut tué dans une charge de cavalerie à Torre d'Anunziata près de Castellamare dans la région de Naples. Plusieurs représentations de Jacques de Rougé sont visibles au Château de Versailles. Le cardinal Mazarin réagit ainsi après l'annonce de sa mort:"Je suis au désespoir de la mort du Plessis-Bellière".Le roi Louis XIV demanda pour le marquis du Plessis-Bellière les Honneurs du Louvre, réservés aux Ducs et Pairs de France, sa veuve les refusa.

Elle composa ces quelques lignes, gravées dans l'Eglise de Faÿ-les-Nemours:

"Le coeur de mon époux dans cette urne repose
Cependant que le mien agité de douleurs
soupire incessamment, et comble de malheurs,
A le suivre au tombeau chaque jour se dispose.

La plus sensible part de mon âme est enclose
dans ce vase ou la mort imprime ses couleurs
quiconque voit ici cet objet de mes pleurs
ne les condamne point s'il en cognut la cause.

Passant, si tu ne sçait quel estoit mon époux,
dispense l'amitié qui vivoit entre nous
de ce tendre récit qui trouble ma mémoire.

L'Espagne avec la Flandre espargnant ma douleur
t'apprendra mieux que moy quelle fut sa valeur
Naples dira sa mort, et la France sa gloire."

SUZANNE, MARQUISE DU PLESSIS-BELLIERE et de Faÿ-les-Nemours (1599-1705)
La Marquise du Plessis-Bellière, Suzanne de Bruc de Montplaisir était l'épouse de Jacques de Rougé du Plessis-Bellière. Elle fut célèbre par son esprit et marqua son époque. Elle se lia d'amitié avec le surintendant Nicolas Fouquet, ministre des finances du Roi Soleil. Elle fut très proche des plus grands artistes de son temps et possédait une collection d'oeuvres d'art inestimable. Elle fut à l'origine, avec Madame de Lafayette et Mademoiselle de Scudéry, des premiers salons littéraires. En 1661, elle tenta de sauver Fouquet lors de sa disgrâce, et l'hébergea en l'hôtel de Rougé à Nantes. Mais le surintendant fut arrêté par le capitaine d'Artagnan, et la Marquise du Plessis-Bellière subit le même sort : elle fut internée par ordre du roi Louis XIV au château de Montbrison. Son état de santé exigea un assouplissement de sa détention, et elle put rejoindre les siens en son hôtel de Charenton près de Paris. Elle y vécu les dernières années de sa vie entourée de grands artistes et poètes. La Marquise de Sévigné fut également une de sesproches. Suzanne de Rougé, Marquise du Plessis-Bellière, eut une vie passionnante qui inspira de nombreux romans d'aventures, parmi lesquels nous pouvons citer le personnage d'Elise du Vicomte de Bragelonne, d'Alexandre Dumas, ou les histoires adaptées au cinéma d'Angélique, Marquise des Anges.

 
   
 
 

 

 


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